POLITIQUE ETRANGÈRE

POLITIQUE ETRANGÈRE

La politique extérieure du Sénégal s’appuie sur des principes constants dont certains sont inscrits dans la constitution tandis que d’autres découlent d’instruments juridiques internationaux auxquels le Sénégal est partie.

La diplomatie sénégalaise s’emploie quotidiennement à assurer l’exécution correcte de cette politique extérieure, élaborée sur la base d’une vision humaniste des relations internationales centrée autour du développement économique au service de l’être humain et du respect et de la protection de ses droits.

C’est ainsi que, soucieuse d’une constante et nécessaire adaptation à l’évolution des relations internationales, elle est fondée sur une politique extérieure qui, dans le respect des principes fondamentaux tels que la garantie de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale, l’attachement à la paix et à la stabilité, le règlement pacifique des différends ainsi que la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, traduit en actions concrètes les priorités du pays.

Ces priorités s’articulent autour des objectifs ci-après :

- Le développement économique et social,

- La promotion de l’amitié, de la paix et de la concorde entre des peuples,

- Le renforcement de la coopération internationale.

Au regard de ces objectifs assignés à la diplomatie sénégalaise, une plus grande attention est désormais réservée à la mise en œuvre d’une diplomatie économique, préoccupée à attirer des investissements étrangers au pays, à revaloriser les axes de coopération nord/sud et sud/sud, à promouvoir l’intégration économique africaine et à améliorer la visibilité du Sénégal en recherchant une plus grande diversité au niveau des partenaires.

I. PROMOTION DE LA PAIX ET DE LA STABILITÉ POLITIQUE

Pour le Sénégal, la paix se conçoit comme l’instauration entre tous les États, de relations de confiance perçues par chaque État comme préservant sa propre sécurité au même titre que celle des autres. Cette conception de la paix est à la base de ses relations bilatérales. Elle guide aussi son action au sein des instances multilatérales où il prône la réforme des institutions internationales, notamment le Conseil de Sécurité, pour une meilleure gouvernance mondiale.

L’action du Sénégal est d’abord préventive en ce qu’elle consiste à inviter, par le discours et l’attitude, au respect des principes et idéaux inscrits dans les chartes constitutives des organisations dont il est membre et qui tournent autour de l’égalité, du respect mutuel, de la solidarité et de la paix.

I. LE RESPECT ET LA PROTECTION DES DROITS DE L’HOMME

Le Sénégal est convaincu de l’impossibilité d’assurer une paix durable dans le monde sans le respect de la justice. La justice, c’est surtout le respect et la protection des droits fondamentaux de l’homme et des peuples. C’est pourquoi le Sénégal a soutenu et réussi à faire accepter l’idée d’une charte des droits de l’homme et des peuples, consacrant l’unité de la justice et contournant la dualité traditionnelle entre les droits de l’homme et les droits des peuples.

L’importance que le Sénégal accorde aux droits de l’homme lui a valu d’assurer depuis sa création la présidence du Comité des Nations Unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.

Au niveau africain, on retiendra le rôle du Sénégal dans l’élaboration, l’adoption et l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le combat actuel qu’il mène en faveur de la femme africaine. Un succès éclatant a été récemment obtenu avec l’adoption sur proposition du Sénégal, du principe de la parité au sein de la Commission de l’Union africaine.

II. LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE PAR L’INTEGRATION AFRICAINE

Depuis la veille des indépendances africaines, le Sénégal ne cesse de prôner l’intégration africaine. Pour le Sénégal, cette intégration est non seulement un remède contre la balkanisation du continent, mais également un moyen de maximiser les atouts économiques de l’Afrique, en vue de la création de réels marchés intérieurs. Les organisations créées dans ce cadre peuvent être classées dans deux catégories :

  • Des organisations d’intégration technique comme l’OERS d’abord puis l’OMVS.
  • Des organisations d’intégration économique comme la CEAO, la CEDEAO, et l’UEMOA.

La frontière entre les deux catégories n’est pas étanche car elles ont la même finalité. L’important ici est de savoir que ces organisations créent des ensembles qui, s’ils se multiplient, permettront d’aller plus facilement, et plus rapidement, à l’intégration économique de tout le continent. En appui à cette dynamique, est venu le NEPAD, fusion des plans MAP et OMEGA (proposé par le Sénégal). Le NEPAD a ceci de particulier qu’il érige la région comme espace opératoire de base dans la stratégie africaine pour assurer un développement durable au 21ème siècle. Cela suppose évidemment l’existence d’organisations sous régionales et régionales assises sur des bases solides mais surtout un climat de paix et de stabilité favorable à la venue des investisseurs étrangers. C’est une des raisons pour lesquelles le Sénégal s’investit beaucoup pour le règlement des différends en Afrique.

III. L’ANCRAGE DANS LE PANAFRICANISME

L’action du Sénégal dans la recherche de solutions négociées aux conflits entre États est multiforme. L’orientation panafricanisme définie par le Chef de l’état fait de l’Afrique la première priorité de sa diplomatie ; l’objectif étant de réaliser l’Union africaine qui sera le cadre d’intégration régionale seule à même de permettre de faire face au défi de la mondialisation. Ses initiatives pour la réalisation des États Unis d’Afrique s’inscrivent dans ce cadre.

Dans une démarche réaliste et progressive, la diplomatie sénégalaise s’est investie dans l’intégration sous-régionale et régionale qui constitue un préalable à l’intégration continentale.

Cette nouvelle approche de la politique extérieure du Sénégal induit une adaptation constante de la carte diplomatique du pays comme en témoignent le renforcement de sa présence en Afrique, en Asie et surtout dans les pays du Golfe. De même, elle induit une synergie d’actions entre le Ministère des Affaires étrangères et les Agences nationales d’exécution de la politique nationale de promotion économique et d’attrait des investissements.

C’est dans cet esprit que doit s’inscrire l’action quotidienne de la diplomatie sénégalaise dont l’objectif visé, à court et moyen terme, est de faire du Sénégal un pays émergent qui compte dans un monde en pleine mutation, c’est-à-dire :

  • un pays économiquement solide, socialement et culturellement ancré dans ses valeurs et ouvert aux apports de la modernité ;
  • un partenaire sûr, prêt à l’intégration sous-régionale et continentale ;
  • un interlocuteur crédible dans le dialogue des Nations.

Post Author: dooggle