l’ile carabane


Carabane, également appelé Karabane, est à la fois une île et un village situés à l’extrême sud-ouest du Sénégal, dans l’embouchure du fleuve Casamance. Site paradisiaque, doté d’un climat agréable et d’une luxuriante végétation, c’est aussi du point de vue historique le premier comptoir colonial français en Casamance. Dans un environnement maritime et fluvial propice à l’exploitation halieutique, l’île vit pourtant au rythme du calendrier rizicole, car les Diolas, majoritaires à Karabane, sont avant tout des terriens : on a pu parler de véritable « civilisation du riz » en Basse-Casamance. En complément – tant alimentaire qu’économique –, ils pratiquent aussi la pêche artisanale et la collecte de crustacés, mais les pêcheurs professionnels viennent surtout d’autres régions. Associant d’indéniables atouts naturels et culturels, l’île aurait pu devenir une sorte de « Gorée de la Casamance », mais de multiples difficultés ont jusqu’ici freiné cette ambition. Karabane n’a pas rallié le réseau prometteur des campements villageois – nouvelle forme de tourisme rural intégré – aménagés dans la région au cours des années 1970. Les troubles politiques qui ont meurtri la Casamance au cours des décennies suivantes ont porté un coup sévère à un tourisme en plein développement. Enfin, en 2002, le naufrage du Joola, qui assurait la liaison Dakar-Ziguinchor en faisant escale à Karabane, a scellé l’enclavement de l’île pour plusieurs années. En 2008, dans l’attente de nouvelles infrastructures, travailleurs, étudiants et touristes ne peuvent plus compter que sur les pirogues pour quitter ou rejoindre le village. Depuis 2014, la liaison est rétablie depuis Dakar et Zinguinchor. Trois bateaux y accèdent régulièrement. L’étymologie de Karabane reste à élucider. Elle pourrait être rattachée au mot wolof, karabané, signifiant « qui parle beaucoup », ou peut-être au portugais (casa : maison ; kaban : finir). Dans cette hypothèse le toponyme désignerait le lieu « où les maisons sont finies », une possible allusion au fait que ce village fut la première capitale française en Basse-Casamance. Selon d’autres sources, il viendrait de karam akam, qui signifie « de l’autre côté de la rivière ». Ces incertitudes permettent aussi de comprendre l’instabilité dans la graphie : Karabane avec un K initial se réclamant plutôt du diola ou du wolof, et Carabane avec un C plaidant pour une origine latine, probablement portugaise, ou une francisation délibérée. D’une superficie totale de 57 km2, Karabane est la principale et dernière île dans l’embouchure du fleuve Casamance, en rive gauche, face à la pointe de Diogué. Elle est située par 12° 32′ de latitude Nord et par 16° 43′ de longitude Ouest et se trouve – via Elinkine – à près de 60 km de Ziguinchor, le chef-lieu de la région du même nom, et à un peu plus de 500 km de Dakar, la capitale du pays.

Auteur de l’article : team team

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