LE SENEGAL

POLITIQUE DU SENEGAL

la République du Sénégal

Le Sénégal, en forme longue la République du Sénégal, est un pays d’Afrique de l’Ouest. Il est bordé par l’océan Atlantique à l’ouest, la Mauritanie au nord et à l’est, le Mali et la Guinée et la Guinée-Bissau au sud. La Gambie forme une quasi-enclave dans le Sénégal, pénétrant à plus de 300 km à l’intérieur des terres. Les îles du Cap-Vert sont situées à 560 km de la côte sénégalaise. Le pays doit son nom au fleuve qui le borde à l’est et au nord et qui prend sa source dans le Fouta Djallon en Guinée. Le climat est tropical et sec avec deux saisons : la saison sèche et la saison des pluies.

Politique

Articles détaillés : Politique au Sénégal et Droit sénégalais.

Le Sénégal est l’un des pays les plus stables d’Afrique car il n’y a jamais eu de coup d’État, et le « modèle sénégalais »11 était souvent mis en avant dans le passé, même si Amnesty International dénonce encore quelques arrestations à caractère politique12,13.

Léopold Sedar Senghor, président du Sénégal de 1960 à 1980.

Le Sénégal est une république démocratique (présence de plusieurs partis politiques). Le régime est semi-présidentiel car à l’indépendance, le Sénégal a adapté le modèle politique français de 1958 comme d’autres pays africains qui étaient membres de l’AOF. La constitution du Sénégal date de 1959, elle a été révisée dès 1960 par Léopold Sédar Senghor à la suite d’un référendum. Plusieurs révisions vont se succéder notamment celle de 1963 qui instaure le régime présidentiel (à cette époque : suppression du Premier ministre) puis celle de 2001 qui ramène le mandat présidentiel de sept ans à cinq ans (le Sénat sera supprimé puis rétabli en 2007).

Abdou Diouf, président du Sénégal de 1981 à 2000.
Abdoulaye Wade, président du Sénégal de 2000 à 2012.

Le président de la République est le chef de l’État, élu au suffrage universel direct pour une durée de cinq ans renouvelable une fois. Il nomme le Premier ministre qui choisit à son tour les ministres de son cabinet et propose leur nomination au président de la République.

Le premier président est Léopold Sédar Senghor, leader charismatique et poète de renom. En 1981 son Premier ministre Abdou Diouf prend sa succession, mais en 2000 le Parti démocratique sénégalais l’emporte avec Abdoulaye Wade, réélu en 2007. L’élection présidentielle de 2012 voit la victoire de Macky Sall face à Abdoulaye Wade.

Le Parlement du Sénégal est doté d’une chambre: l’Assemblée nationale.

Macky Sall, actuel président de la République.

Instituée le 20 août 1960, l’Assemblée nationale accueille 150 députés, élus au suffrage universel direct pour une durée de cinq ans. Le scrutin est majoritaire à un tour au niveau des départements à concurrence de 90 députés et proportionnel sur une liste nationale à concurrence de 60 députés. L’Assemblée est aujourd’hui présidée par Moustapha Niasse, installé le 31 juillet 2012 à la suite des législatives du 1er, marquées par une très large victoire de la coalition présidentielle Bennoo Bokk Yakar. Les élections législatives sénégalaises de 2007 se sont soldées par une très large victoire de la coalition présidentielle, alors le PDS, mais près des deux tiers des électeurs ne s’étaient pas rendus aux urnes, notamment en raison d’un mot d’ordre de boycott de la part des partis d’opposition.

Le Sénat, supprimé en 2001 à la suite d’un référendum constitutionnel, a été rétabli en mai 2007 puis supprimé à nouveau en 2012 après l’élection présidentielle. Les sénateurs étaient au nombre de 100, 35 étaient élus au suffrage indirect dans les départements et les 65 autres étaient désignés par le chef de l’État. Le Sénat a eu comme dernier président Pape Diop, ancien maire de la ville de Dakar.

L’Assemblée nationale du Sénégal

La loi sur la décentralisation, mise en application en janvier 1997, accorde des pouvoirs significatifs aux assemblées régionales.

Supprimée en 1992, la Cour suprême du Sénégal avait été remplacée par trois organes spécialisés, la Cour de cassation, le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel, assez semblables à leurs homologues français.

En août 2008 une loi organique recrée une Cour suprême par la fusion entre la Cour de cassation et le Conseil d’État14.

Le Conseil Constitutionnel comprend cinq membres qui sont nommés par décret pour six ans non renouvelables, dont un président et un vice-président. Il est partiellement renouvelé tous les deux ans, à raison de deux membres au maximum. Son rôle est de contrôler les élections législatives et de vérifier la constitutionnalité des lois et les engagements internationaux.

Le Sénégal a aboli la peine de mort le 15. Les rapports homosexuels sont passibles de peines de prison16.

Il existe une grande diversité linguistique à travers les langues au Sénégal. La Constitution de 20011 a reconnu17 au français le statut de langue officielle et à six langues celui de langues nationales, le wolof — langue parlée par le plus grand nombre de personnes même appartenant à d’autres ethnies — le sérère, le peul, le mandingue, le soninké et le diola. Cinq autres langues vernaculaires ont été promues peu après : le hassaniyya, le balante, le mancagne, le noon et le manjaque ; suivies de trois autres langues : le ménik, l’oniyan et le saafi-saafi ; d’autres ajouts de langues codifiées sont en cours. Au total ce sont 21 langues sur 27 répertoriées qui bénéficient du statut de langue nationale au Sénégal18,19. Le Sénégal est membre l’assemblée parlementaire de la francophonie depuis 196720 ainsi que de l’organisation internationale de la francophonie depuis 197021. Le français est la langue officielle et de l’administration, parlée par 29 % des Sénégalais22. Le français ou le wolof servent de langues de communication entre les locuteurs de langues différentes. Le wolof (parlé par 72 % de la population23) est la langue vernaculaire du pays (échanges et commerce). L’arabe est aussi présent dans le pays, il est souvent utilisé par les dignitaires religieux. La plupart des Sénégalais parlant cette langue ont fait des études de théologie islamique.

 

 

LE PEUPLE SENEGALAIS

L'origine des groupes ethniques du Sénégal reste controversée et les thèses de l'historien et anthropologue Cheikh Anta Diop ne font pas l'unanimité, dans la communauté scientifique occidentale, mais semble admises par les traditions historiques, orales et écrites, des peuples du Sénégal et plus généralement de toute l'Afrique de l'Ouest.

Cependant Les ethnies sont nombreuses sur un territoire relativement restreint et l'on peut distinguer des sous-groupes à l'intérieur de plusieurs d'entre elles.

Origines

Aspects méthodologiques

L'usage de catégories ethniques, et a fortiori de comptages les concernant, fait lui-même l'objet d'un débat de société1 que chaque législation nationale a tranché à sa façon2, mais qui n'est pas clos pour autant. En préambule on peut donc s'interroger sur l'intitulé même de cet article. Bambaras, Toucouleurs ou Dyulas désignent certes des classes d'individus présentes au sein de la société sénégalaise, mais peut-on vraiment les mettre sur le même plan sans trahir leurs spécificités ?

Même si l'on s'y résout, au Sénégal comme ailleurs les données statistiques disponibles ne rendent compte que très imparfaitement d’une réalité actuelle soumise aux mobilités et aux métissages. La méthodologie des enquêtes a varié dans le temps3 et le critère linguistique, plus facile à appréhender et moins polémique, est désormais préféré aux classifications ethniques, souvent figées par l’ordre colonial, mais aussi renforcées par les populations qui y puisent un puissant sentiment d’appartenance4. Néanmoins, selon une estimation de 20055, on peut identifier au Sénégal une vingtaine de groupes, de taille très inégale.

Principaux groupes

 
Wolof du Cayor (gravure de 1890)

Les Wolofs sont les plus nombreux (43,3 %), présents surtout dans l'ouest du pays (Ndiambour au Cayor, Waalo, Baol, Djolof, Saloum), dans le bassin arachidier du centre-ouest et particulièrement dans les grands centres urbains. La plupart sont musulmans, de la confrérie des Mourides, et des tidjanes. Les Lébous de la presqu'île du Cap-Vert et de la Petite-Côte leur sont apparentés, mais représentent moins de 1 % de la population6. Le poids des Wolofs dans le pays tend à s'accroître, linguistiquement et politiquement : on a pu parler de « wolofisation » du Sénégal7.

Les Halpulaaren – ceux qui parlent le peul – constituent le second groupe (23,8 %). Ce chiffre inclut Peuls et Toucouleurs, mais, selon les enquêtes, ces deux populations sont tantôt décomptées ensemble, tantôt séparément. On constate leur présence sur une partie du territoire national plus étendue que les Wolofs, mais il s’agit le plus souvent de régions peu peuplées, comme le Ferlo, la Haute-Casamance, la vallée du fleuve Sénégal, surtout peuplée par les Toucouleurs, et le Badiar. Traditionnellement nomades, ils sont aujourd’hui sédentarisés dans leur grande majorité. De nos jours l'exode rural touche davantage les Toucouleurs que les Peuls.

Le troisième groupe est celui des Sérères qui représentent 14,7 % de la population. Ils sont concentrés dans l’ouest du pays. Ils vivent sur la Petite-Côte et dans le Sine-Saloum, notamment dans les îles du delta du saloum. Les Ndut, les Niominkas, les Safènes et d’autres sous-groupes leur sont proches. Chez les Sérères il y a d'importantes communautés chrétiennes, mais l'islam est majoritaire. Ils ont conservé néanmoins certains aspects de leur religion traditionnelle.

 

En route pour le boukout de Baïla en pays diola

Les Diolas (3,7 %) vivent pour la plupart en Basse-Casamance où ils pratiquent surtout la riziculture et la pêche. De religion traditionnelle, ils ont résisté8 plus que d’autres à la pénétration de l’islam et du christianisme et continuent de défendre leur identité9. Aujourd'hui ils sont aussi souvent musulmans que chrétiens, tout en y mêlant leurs croyances traditionnelles.

D’autres peuples sont établis dans la même région. Leur mode de vie est assez semblable à celui des Diolas, mais ils s’en distinguent par leurs langues et sont très minoritaires. C’est le cas des Baïnouk, des Balantes, des Manjaques, des Mancagnes, mais aussi des Karones et des Bandials.

Plusieurs ethnies se rattachent au grand groupe des Mandingues (3 %) : Malinkés, Socés, Bambaras, Diakhankés et les Soninkés (1,1 %, dont une grande partie est implantés le long du fleuve Sénégal et de la Falémé, l'ancien Galam). Il existe une importante diaspora, notamment en région parisienne. Les Soninkés ont été islamisés plus tôt que la plupart des autres groupes.

 
Fillettes bédik à Iwol

Peu nombreux, Bassaris et Bédiks vivent sur les hauteurs du Sénégal oriental, autour de Kédougou. Ils font partie du groupe Tenda, de même que les Coniaguis et les Badiarankés.

Le Sénégal compte parmi sa population beaucoup d'Africains originaires d'autres pays du continent. Il y a de petites communautés ivoriennes à Dakar, ainsi que des Nigérians, appartenant le plus souvent aux ethnies haoussas.Il existe également une importante communauté marocaine plus anciennement implantée que les autres étrangers africains. Les Maliens également sont très présents. Les Cap-verdiens (Sénégalais d'origine cap-verdienne, souvent appelés Sénégalo-Cap-verdiens) sont très nombreux à Dakar également. Les Maures, investis depuis longtemps dans les activités commerciales, sont établis dans le nord et dans les villes. Le sous-groupe des Maures Darmanko, quant à lui implanté au Sénégal depuis des siècles, est présent sur tout le territoire. D'ailleurs, les Maures sont classés comme un groupe ethnique à part entière du Sénégal.

C'est également en milieu urbain que vivent le plus souvent les Européens et les Libanais. 

Une sphère culturelle commune

Les ethnies du Sénégal sont toutes issues d'un fond culturel commun, si bien que, à part les langues qui d'ailleurs présentent beaucoup de similitudes, il n'y a pas de véritables barrières culturelles entre elles. Ceci a permis au Sénégal d'éviter les guerres ethniques, car toutes ces ethnies appartiennent à une même sphère culturelle. Les façons de se vêtir, de célébrer les différents événements de la vie, la musique et la philosophie de la vie sont les mêmes chez tous, les différences restant superficielles. C'est pourquoi les mariages interethniques sont très fréquents au Sénégal. Toutes les familles comptent parmi elles, plus ou moins, un membre de chaque ethnie. L'islam, touchant 95 % de la population, n'a fait que resserrer la cohésion et la solidarité entre les ethnies et renforcer cette tolérance, car la plupart obéissent aux mêmes idéaux religieux. Les valeurs chrétiennes de tolérance et de liberté ont aussi contribué à cette cohabitation paisible. Que ce soit au niveau politique, scolaire ou humanitaire ces valeurs ont été largement appuyées. Mention peut être fait de Léopold Sédar Senghor, premier président et catholique, Elisabeth Diouf, épouse catholique du second président, les écoles catholiques et les œuvres humanitaires nombreuses. L'Etat cherche aussi à maintenir cette cohésion en défendant les principes d'un état laïc.

Ceci est également valable pour les pays de la bande sahélienne, comme le Mali, la Guinée, le Burkina Faso et le Niger qui forme avec le Sénégal une unité culturelle.